Palais baroques, églises arabo-normandes, marchés colorés, traffic dense, mafia invisible... On débarque à Palerme nourri de clichés et l'on en revient plein d'images.
La sulfureuse capitale sicilienne reste une ville protéiforme, impossible à saisir d'un trait. Italienne, arabe, normande, espagnole ou simplement sicilienne? Son visage et son identité ont été modelés par l'incroyable succession d'envahisseurs qui, depuis plus de 2 000 ans, ne semblent avoir voulu la conquérir que pour faire mieux et plus beau que leurs prédécesseurs, jusqu'à ce terrible XX siècle. La population leur doit sans doute ce mélange de fierté et de fatalisme oriental.
À Palerme, le pire côtoie souvent le sublime, les ordures qui s'accumulent dans l'indifférence, les palais d'or aux façades décrépies, les élégantes égarées dans des ruelles sordides, les boutiques chics du viale della Libertà, les venelles endormies où le piéton sursaute au passage d'un scooter lancé à vive allure, la circulation infernale soudain évaporée à l'heure de la sieste ... Si la réputation de repaire de criminels lui colle à la peau, Palerme est aussi la ville chérie entre toutes des aristocrates, des écrivains et des cinéastes. Ici la discrétion et le secret font partie intégrante de la culture, et pas seulement pour ce qui touche à la mafia. Mais cette même population a élevé au rang de rite la parade du soir, la fameuse passeggiata, et n'aime rien tant que de s'attabler en terrasse pour contempler ses contemporains.
En définitive, s'il s'agit d'"oublier Palerme", selon le mot d'Edmonde Charles-Roux, c'est avant de s'y rendre, pour mieux la découvrir, l'esprit libre de préjugés.
Coeur névralgique de Palerme, la piazza Vigliena, plus connue sous le nom de Quattro Canti (Quatre Angles), se trouve au croisement de deux axes historiques: le corso Vittorio Emanuele et la via Maqueda (XVIe siècle).
Quatre façades concaves identiques, de style baroque (1609), dessinent la forme si particulière de la place.
Cette église du XIIe siècle s'est vue adjoindre une façade Renaissance au XVle siècle, puis une coupole au XVllle siècle. À l'intérieur se déploie un luxueux décor de marbres, de stucs et de sculptures. Le couvent attenant est le seui de Palerme où les religieuses vivent recluses. On peut néanmoins le visiter le Jeudi Saint et à Noèl.
L'église de Santa Maria dell'Ammiraglio, aussi appelée la Martorana, fut élevée en 1143 par l'amiral George d'Antioche. Elle doit son nom à Eloisa della Martorana, fondatrice du couvent des bénédictins auquel elle était rattachée.
Depuis 1937, on y observe le rite greco-byzantin. L'église a pour principale originalité de combiner un pian en croix grecque avec des éléments d'inspiration arabe (coupole, arcs brisés, niches de soutien). Les superbes fresques de l'abside sont de Guglielmo Borremans (XVllle siècle). Ailleurs, les stucs ont été supprimés au XIXe siècle pour révéler les mosaïques d'origine, parmi les plus anciennes de Sicile, et qui représentent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament: Annonciation (arc triomphal), Nativité et Dormition (transept) et Christ bénissant (coupole). La dimension politique du panneau où Roger Il reçoit la couronne des mains de Jésus est évidente (à droite en entrant): elle signifie Que le roi disposait du pouvoir apostolique de représenter le pape et de nommer les archevêques. Notez, juste à coté, la porte en bois, ainsi Que les deux colonnes comportant des calligraphies arabes dans le narthex.
Le sol est pavé d'arabesques en marbre polychrome du XI~ siècle. De l'édifice d'origine subsiste l'élégant clocher à Quatre étages percés de loggias à colonnettes, Qui a perdu sa coupole lors du tremblement de terre de 1726. Piazza Bellini, 3 Tél. 091 6161692 Des travaux de restauration sont prévus en 2008. Ouvert /lun.-sam. 8h-13h, 15h3D-19h; dim. et fètes 8h3D-13h; 1er-16 août: 8h-13h Entrée libre
Chiesa di San Cataldo. Batie par Marione di Bari, amiral de Guillaume 1er, en l'honneur de sa fille Mathilde, l'église (1170) n'est postérieure Que d'environ 30 ans à la Martorana. L'édifice se présente comme un élégant Quadrilatère coiffé de trois coupoles ocre. Son aspect massif est allégé par la présence d'arcs en ogive percés de petites fenêtres. Le passage au pian carré s'effectue sans transition, avec le support d'arcs reposant sur des colonnes antiQues. Les chapiteaux, très travaillés, constituent la seule fantaisie du décor, Qui dans l'ensemble manifeste un dépouillement non dénué d'élégance. Com me toutes les églises byzantines, San Cataldo est orientée vers l'est (l'axe est marqué par deux colonnettes encastrées dans le mur). Piazza Bellini, 3 Tél. 0916191692 Ouvert lun.-ven. 9h3D13, 15h3D-18; sam.-dim. 9h3D-13h Entrée 1€
Non loin de là, au sud des Quattro Canti, la place la plus flamboyante de Palerme prend tout son éclat 10 lorsque sa fontaine est éclairée.
Certains la surnomment Fontana della Vergogna (Fontaine de la Honte), en raison des dieux nus Qui la décorent et Qui devaient constituer une offense à la morale des religieuses de Sainte-Catherine recluses dans le couvent voisin. De forme ronde, présentant plusieurs niveaux délimités par des balustrades, elle comprend Quatre volées d'escaliers Qui mènent à l'espace central.
Elle comporte de multiples figures mythologiques, monstres, sirènes et allégories des Quatre fleuves de la ville.
Noyau historique de la ville, le quartier d'Albergheria (sud-ouest des Quattro Canti) concentre les symboles du pouvoir religieux et politique.
La Chapelle Palatine, merveille de l'art arabo-normand ou siculo-normand, qui s'épanouit au XIIe siècle, magnifie les acquis des arts décoratifs et de l'architecture des artisans arabes. Elle est, avec les appartements, la seule partie du palais conservée dans son état originel. Complètement intégré à l'ensemble, son pian basilical est invisible de l'extérieur. La construction fut entreprise par Roger II dès son couronnement en 1130 et achevée en 1143.
Plus tardive, la mosaïque dorée du mur extérieur donne d'emblée une idée de la richesse de la décoration. Par sa profusion, sa richesse et le mélange de styles, l'intérieur constitue une synthèse des savoir-faire sarrasin et chrétien de l'époque. On a pu le comparer à une malle aux trésors tout droit sorti des Mille et une Nuits. Exemple sans équivalent de peinture fatimide, le plafond en bois à stalactites et caissons, animé de scènes de la vie quotidienne, trahit l'influence arabe, de même que le pavement polychrome et les hautes plinthes en marbre incrustées de motifs géométriques également polychromes. Près de la tribune de porphyre, d'or et de malachite se tient un splendide candélabre pascal (le plus ancien exemple d'art roman de Sicile) orné de lions, de végétaux, d'anges et d'un Christ.
Le somptueux ensemble de mosaïques sur fond doré (1140 et 1160), dû aux maitres byzantins, est un sommet du genre. Son éclat, contrastant avec la pénombre ambiante, devait provoquer une impression à la fois intense et propice à la méditation spirituelle. Le Christ bénissant de l'abside s'impose par sa majesté et ses dimensions. Il est flanqué, dans le transept gauche, de saint André et, dans le transept droit, de saint Pau I. Dans la coupole, le Christ Pantocrator, véritable chef-d'œuvre, apparaît au milieu d'archanges. Les autres mosaïques retracent les principaux épisodes de l'Ancien Testament (nef centrale) et du Nouveau Testament (sanctuaire). Entrée par le palazzo dei Normanni. Tél. +39 0917054006 Ouvert lun.-ven. 8h30-12h, 14h-17h, dim. 8h30-14h Conseils Visitez de bonne heure; tenue décente requise.
Les cinq coupoles rouges, qui sont la marque distinctive de cette église, signalent l'influence arabe.
Elle fut construite en 1136, sous le règne de Roger Il, à l'emplacement d'une mosquée. Juste à coté, au milieu d'un minuscule jardin d'orangers, de jasmins et de rosiers, se tient un ravissant cloître aux élégantes colonnettes géminées portant des arcs en ogive. Via dei Benedettini Tél. 091 651 5019.
Ouvert lun.-sam. 9h-l2h30, et en été dim. et j. fér. 9h-l2h30.
Siège du pouvoir sous les Normands (XI-XII siècle), il occupe un ancien palais arabe du IX siècle, qui s'élevait lui-même probablement à l'emplacement de fortifications puniques et romaines. Sous le règne des Souabes, Frédéric Il y fit venir les esprits les plus brillants de son temps, ainsi que les artistes arabes et byzantins les plus talentueux. À sa mort, en 1250, l'édifice entra dans une phase de déclin qui dura jusqu'au XVI siècle, où les vice-rois espagnols lui imposèrent des modifications importantes. Depuis 1947, il accueille l'assemblée régionale de Sicile, lointaine héritière du premier parlement sicilien qui y siégeait au XII siècle.
La tour Pisane, transformée en observatoire au XVIII siècle, est la seule partie à avoir conservé le style normand origine I. C'est là que se trouvent la salle d'armes, la prison et la chambre de Roger Il. Ses murs sont couverts de mosaïques dorées (1170): scènes de chasse où figurent des animaux, figures humaines et motifs géométriques. Piazza Indipendenza Tèl. 091 7054006 Ouvert lun., ven., sam 8h30-12h et 14h-17h, dim. 8h30-12h30 Visite guidée avec la Capella Palatina
Coté nord, le palais est flanqué de cette porte, munie d'une loggia Renaissance, qui marquait l'entrée traditionnelle de la cité.
Elle fut édifiée en 1583 pour commémorer la visite de Charles Quint, cinquante ans plus tôt.
Le Capo, qui est situé à coté de l'Albergheria, est caractérisé par un réseau de petites rues. Dans se quartier, un de plus pauvres de la ville, se trouve un important marché, le Marché duCapo, le 3eme grand marché de la ville et le plus ancien.
Il possède aussi une section dédiée aux chaussures et aux vêtements. Le long de via Cappuccinelle et via Sant'Agostino et de via Beati Paoli et via Carini.
Monument emblématique de Palerme par son style composite, la Cathédrale résume plus de huit siècles d'art et d'histoire. Elle fut bâtie en 1184 dans une facture siculo-normande, à l'emplacement d'une basilique converti e en mosquée à l'époque arabe (notez la première sourate du coran sur la première colonne, sur la gauche du portique sud). Un remarquable portique d'époque gothique catalan (XV siècle), avec trois arcades encadrées par deux tours, coiffe l'entrée. Au-dessus de la porte en bois sculptée, une niche abrite une mosaïque de 1426. Le chevet de la cathédrale, avec ses deux tours élancées, est l'une des rares parties originelles de l'édifice. Son beau décor, fait d'entrecroisements d'arcades et de crènelages curvilignes, est du plus pur arabo-normand.
Totalement remanié au XVIII siècle, l'intérieur présente une ornementation néo-classique un peu froide. Les dépouilles de Roger Il, d'Henri VI, de Frédéric Il (petit-fils de Barberousse) et de sa mère Constance d'Altavilla, reposent dans la nef droite. Dans le coté droit du transept, une chapelle contient les reliques de sainte Rosalie, la très révérée patronne de Palerme. On ne dénombre pas moins de 42 statues de Francesco Laurana et Antonello Gagini adossées aux piliers. Notez au sol le marquage en laiton du méridien, sur lequel vient s'inscrire, en été, à 13h, le rond parfait du soleil. Précédant la crypte, la salle du trésor renferme un bréviaire enluminé (1452), divers objets liturgiques et la couronne de Constance d'Aragon. Un escalier descend dans la superbe crypte, en fait les vestiges de la première basilique.
Divers seigneurs y reposent, notamment Frédéric d'Antioche, dont le gisant le représente assoupi, un livre à la main et un casque à ses pieds. Corso Vittorio Emanuele Tél. 091 33 43 73 www. cattedrale.palermo.it Ouvert lun.-sam 7h-19h; dim. et j. fér. 7h30-13h30, 16h-19h Trésor et crypte Accès par le parvis Ouvert lun.-sam. 9h30-13h30, 14h30-17h30.
La Kalsa (ou arrondissement Tribunali) porte, 60 ans après, les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que celles du tremblement de terre de 1968. Paradoxe, ce quartier qui connut un véritable âge d'or lors de sa fondation par les Arabes, et où les aristocrates rivalisèrent de faste, est aujourd'hui l'un des plus populaires de la ville. Cela lui vaut un charme romantique apprécié des visiteurs, mais dont les habitants se passeraient bien. Depuis quelques années, les chantiers de rénovation fleurissent. La via Alloro, qui court d'est en ouest, constitue l'axe majeur, reliant les deux places principales: la piazza della Magione, au sud, et la piazza Marina, près de La Cala.
La via Torremuzza débouche sur la piazza Kalsa, un carré planté de palmiers, flanqué d'une église baroque, d'un palais, d'une porte donnant sur la mer, et de bâtiments franchement délabrés. Cette place pleine de charme, semble curieusement laissée à l'abandon.
Via Alloro cache le plus beau musée de Palerme, la magnifique Galleria Regionale della Sicilia (info 091 6230011; Via Alloro 4), pleine de trésors et des peintures du Moyen Age et du dix-huitième siècle.
Le bâtiment lui-même est un beau exemple de style gothique catalan, qui, après les graves dommages subis pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1957, a été restaurée et convertie en espace d'exposition sous la direction de Carlo Scarpa, l'un des plus illustres architectes et des designers italiens de cette période-là.
La galerie permet d'admirer certains des plus grands exemples de la peinture de la Sicile et, parmi ses œuvres les plus importantes, se trouve le célèbre Triomphe de la Mort. Dans la peinture, la mort est un archer à cheval, qui touche les riches et les notables tandis que les pauvres, les infirmes et les mendiants, parmi lesquels se trouvent aussi le peintre et son élève, sont épargnés. Le travail occupe une salle entière.
Parmi les autres trésors de la galerie il y a le cadre d'une porte arabe du XIIe siècle et la célèbre table dell'Annunziata d'Antonello da Messina. On peut admirer les travaux de Messine et les sculptures de Francesco Laurana, dont une des plus importantes est le buste de Eleonora d'Aragon, affiché dans la salle 4.
Dans cette place se trouve la magnifique église de San Francesco d'Assisi. Paradoxalement bâtie pour un ordre mendiant (1255-1277) dans un quartier commerçant et prospère à l'époque, l'église connut de nombreuses modifications: adjonction de chapelles latérales (XVe siècle), ajout d'une voûte croisée et allongement du chœur (XVI siècle), décor de stuc (XVII" siècle) et rénovation dans le style néoclassique à la suite du séisme de 1823. Après les bombardements de 1943, "église fut rénovée en conformité au gothique d'origine.
Le portail et l'élégante rosace de la façade sont les parties les plus anciennes de l'édifice (XIV" siècle). L'espace intérieur, divisé en trois nefs par des piliers en pierre supportant de larges arcs, renferme de belles sculptures de Francesco Laurana, Antonio et Giacomo Gagini, ainsi qu'un retable Renaissance. Au XVIII" siècle, Giacomo Serpotta la dota de 8 belles statues féminines représentant les vertus.
L'étonnant éclectisme des chapelles de la nef de gauche, du gothique au baroque, témoigne de l'histoire mouvementée de l'église. Piazza San Francesco d'Assisi Tél. 091 582370 Ouvert lun.-ven. 7h-12h, 16h3D-18h, sam 9h-12h
Le célèbre Mercato della Vucciria, marché du quartier a perdu de sa splendeur depuis la description d'Edmonde Charles-Roux dans Oublier Palerme, mais il reste un lieu de vie incontournable de la ville et conserve un cachet particulier.
Il doit son nom à une déformation du mot français "boucherie". Situé à l'emplacement d'un ancien marché arabe, il date du XIII siècle. De la via Argenteria à la piazza Garraffello, Loggia.
Ce n'est pas la plus belle des églises palermitaines, mais elle présente un grand intérêt historique. Elle abrite les dépouilles de Siciliens célèbres dont celle de Francesco Crispi, seul Sicilien à avoir gouverné l'Italie, dans les années 1890. C'est ici qu'eurent lieu les funérailles du juge Falcone, assassiné par la Mafia en 1992.
L'église, construite aux XVIIe et XVIIIe siècles, témoigne de la prospérité des Dominicains à cette époque. Elle fut refaite en 1724 à l'occasion du remaniement complet de la piazza San Domenico. Le vaste espace intérieur est coiffé d'une coupole au-dessus de la croisée du transept. Seules les chapelles où sont enterrés les personnages illustres sont décorées, le reste est très dépouillé, à l'exception de l'autel.
Piazza San Domenico Tél. 091329588 Ouvert lun.-ven. 9h-12h, sam.-dim. 9h-12h, 17h-19h
Le musée occupe l'ancien couvent des Pères de la congrégation Saint-Philippe Neri, qui fait partie intégrante d'un ensemble des XVIe et XVIIe siècles comprenant 1'Olivella, l'église Saint-Ignace et son oratoire. Les collections couvrent les périodes préhistorique, phénicienne, carthaginoise, grecque et romaine, en particulier à Sélinonte. Dans le cloître de l'entrée, ancres et amphores puniques et romaines proviennent des fouilles sous-marines effectuées au large de la Sicile : les plus anciennes épaves remontent au IIe millénaire.
Une section expose des sarcophages phéniciens anthropomorphes (Vie siècle av. J.-C.). Dans la 1ere pièce du fond trônent de curieuses stèles jumelles ornées de deux têtes de divinités provenant de Sélinonte. Dans la salle de conférence se trouve le fronton reconstitué du temple C de Sélinonte avec son énorme Gorgone. Les gargouilles en forme de tête de lion (Ve siècle av J.-C.) que l'on rencontre ensuite proviennent du temple de la Victoire à Himère. Chefs d'œuvre du musée, les superbes métopes monumentales (éléments décoratifs de frise) très profondément creusées, proviennent du temple E de Sélinonte. Puis, sont exposée une collection de sarcophages funéraires étrusques surmontés de sculptures assises ou couchées, originaires de Chiusi (Toscane). Au 1 er étage on admire une baignoire en albâtre (sans explication), des dizaines de têtes en terre cuite dont la provenance n'est pas précisée, ainsi qu'un véritable bestiaire antique comportant dauphin, tortue, coq, vache, cheval ... Sans oublier, quelques chefs-d'œuvre de bronze grecs, étrusques et romains, comme cet Hercule combattant un cerf, qui servait d'ornement de fontaine à Pompéi (le, siècle av. J.-C.). Ne manquez pas le Bélier de Syracuse (me siècle av J.-C.) et la statue de Hadad, dieu assyrien de la tempête (XI-X siècle av. J.-C.). Dans un autre genre, les casques et l'armure attico chalcidienne (IV" siècle av. J.-C.) sont très évocateurs.
La partie grecque renferme un élément de la frise du Parthénon d'Athènes, ainsi que la copie d'un satyre de Praxitèle. La dernière salle comporte un beau pavement de mosaïque avec quatre têtes de femmes. Le 2e étage, dévolu à la préhistoire, présente des silex et des photos de gravures rupestres du néolithique, provenant notamment de la grotte de l'Addaura, sur le Monte Pellegrino. De vastes mosaïques de pavement (me siècle), notamment Orphée avec les animaux et Le Triomphe de Neptune, proviennent de la maison romaine de la Villa Bonanno. Piazza Olivella Té1. 091 611 6805 www.regione.sicilia.it;.beniculturali/salinas. Projets d'importants et longs travaux de restauration, vérifier quelles parties peuvent se visiter Ouvert tlj. 8h30-13h45 et mar.-ven. 15h-18h45
Point névralgique du quartier et ancienne Kalsa à l'époque des Arabes, la piazza Marina fut le théâtre des grands évènements qui scandaient la vie des Palermitains au Moyen Age: marchés, exécutions publiques, tournois, mariages princiers ...
Son plan actuel fut conçu en 1863 par Basile avec pour objectif d'utiliser au mieux l'esplanade créée par le recul progressif du port de la Cala. Au centre, la Villa Garibaldi est le seul véritable jardin du quartier.
L'immense ficus magnolia, aux racines aériennes, procure une ombre bienvenue aux abords de la fontaine de l'Abondance.
C'est l'une des rares demeures aristocratiques ouvertes aux visiteurs. Bâtie aux XVe et XVI siècles, elle fut totalement refondue au XVIII" siècle. En 1980, la famille Filangeri en fit don à la région de Sicile, qui la transforma en musée. Un grand escalier mène à l'étage noble du palais. Sur la gauche, un petit cabinet chinois aveugle illustre l'engouement de "époque pour l'Asie et servait à la fois de fumoir et de salle de jeu. Le couloir mène à la Sala degli Arazzi, aux murs tapissés de soieries.
Le salon suivant, le plus grand du palais, est dit "du baldaquin", mais c'est surtout son pavement en marbre noir et la fresque mythologique de son plafond qui retiennent l'attention. Les tapisseries relatent la libération de Jérusalem.
Le salon Pompadour, décoré d'une tapisserie de soie aux motifs fleuris, a conservé son splendide pavement. Le lustre de Murano est suspendu à un plafond couvert d'une fresque relatant une scène de guerre. Plus loin, le salon de Diane est flanqué d'un petit boudoir dont usaient les couples en quete d'intimité. Via Merlo, 2 Té/. 091 616 75 41 Ouvert tlj 9h-19h, et jeu.-sam. 20h-Oh Entrée 3
L'église de Santa Maria dello Spasimo surprend par sa hauteur et sa longueur. L'absence totale de toit venant coiffer ses hauts murs de pierre sévères lui confère notamment un caractère unique. Des arbres se sont même donné la liberté de pousser au beau milieu de la nef! Il s'agit du dernier édifice gothique catalan réalisé à Palerme.
C'est sur une commande de l'église que Raphaél a peint son fameux tableau Spasimo di Sicilia, aujourd'hui exposé au musée du Prado à Madrid. L'édifice (1506) ne fut jamais achevé, mais fut flanqué d'un bastion pour parer la menace turque. Par la suite, il servit de théâtre, de lazaret, d'hospice pour les pauvres ... et semble avoir trouvé sa vocation définitive en accueillent spectacles et concerts.
Le cloître abrite une école de jazz. Un petit jardin de pins et de palmiers occupe l'emplacement de l'ancien bastion espagnol. Via dello Spasimo, 13 Tél. 091 616 1486 Ouvert tlj. été 9h-Oh, hiver 9h-20h
L'église de la Magione fut bâtie en 1191, à la même époque que la cathédrale de Monreale, cette église a essuyé de nombreuses modifications, avant de subir, après les terribles bombardements de 1943, une rénovation qui lui a redonné son aspect primitif. Destinée aux Cisterciens, elle passa rapidement aux mains de l'ordre Teutonique qui en fit sa magione (maison) pour trois siècles. La façade est percée de trois portes en forme d'ogives surmontées d'arcatures aveugles. Le cloître attenant, dont ne subsiste que la partie nord, est une élégante galerie à colonnettes géminées supportant des chapiteaux travaillés. Leur style a fait dire que l'édifice avait été réalisé par les mêmes artisans que ceux de Monreale, mais antérieurement. Piazza della Magione, 44 Tél. 3288039833 www.basilicalamagione.dioscesipa.it Ouvert hiver lun.-sam. 9h30-18h30; été tlj. 9h30-18h30
Au nord de Piazza Giuseppe Verdi, Palermo prend un aspect plus soigné.
Ici, dans la ville moderne, fruit du développement urbanistique du XIX siècle, on peut admirer plusieurs bâtiments construits quand le style liberty et le style néoclassique dominaient la scène.
Les Théâtre Massimo et le plus petit Théâtre Politeama Garibaldi sont deux éléments très significatifs dans la ville.
Temple de l'art lyrique, le théâtre revit depuis 1997, après une fermeture d'environ 20 ans. Coppola y a situé l'une des scènes du Parrain 111. Conçu par Giovanni Basile, il fut achevé par son fils Ernesto en 1897, après plus de 20 ans de travaux. Sa façade néoclassique cache un splendide aménagement intérieur Liberty. L'impression est forte lorsque l'on pénètre dans la grande salle, tout en dorures et velours rouge, qui se déploie en arc de cercle sur cinq niveaux. Le plafond, décoré d'une fresque, est équipé d'un ingénieux système d'aération. La scène est, dit-on, la plus grande d'Europe après celle de l'Opéra Bastille. Un petit salon rouge décoré d'acajou précède la loge royale. Les canapés et les lampes en verre de Murano sont d'époque.
Avec un peu de chance, vous assisterez peut-être à des répétitions ou à l'installation d'un décor. La visite s'achève par la salle ronde, décorée d'une frise allégorique sur les arts, qui jouit d'une acoustique étonnante. Faites l'expérience de vous placer au centre et de prononcer quelques mots ... Piazza G. Verdi Tél. 091 6090831/800907080 www.teatromassimo.it Ouvert mar.-dim. 1Oh-14h30 Visite guidée anglais, italien, français. toutes les 30min Entrée 5€, réduite 2€
Le deuxième théâtre de Palermo a été construit en style classique par Giuseppe Damiani Almeyda entre 1867 et 1874, le Théâtre Politeama Garibaldi (Piazza Ruggero VII; réservations 00390916053315) présente une exceptionnelle façade qui rappelle un arc de triomphe surmontée par des chevaux de bronze.
Le Théâtre accueille la Galleria d'Arte Moderna (info 091588951; accès par Via Turati 7) fondée en 1910, où se trouve une collection italienne d'art moderne et contemporaine.
Il y a deux attractions qui sont situées à l'extérieur de la zone centrale de Palerme: le Castello della Zisa et le couvent des Capucins.
Devenue Musée d'art islamique, cette demeure est probablement le plus remarquable témoignage de l'art fatimide à Palerme. Son nom dérive du mot arabe Al Aziz, qui signifie "splendide". Élevée en 1165 par le roi Guillaume II, et achevée par son fils Guillaume Il, elle était la résidence d'été favorite des souverains normands et faisait partie du parc royal Genoardo. Les flancs de l'édifice étaient remplis de sable afin de répartir les forces sur les piliers latéraux et de conserver la fraîcheur. Un système élaboré de climatisation permettait de faire remonter le sirocco par la salle des fontaines à travers tout le bâtiment, grâce à des conduites (visibles au 1" étage, derrière la niche). Dans cette enveloppe cubique franchement austère se cachait un véritable palais des délices. Des trois ouvertures qui percent la façade principale, celle du centre ouvre sur une salle des fontaines au plafond décoré de mukarna, encorbellements en stalactite. Les murs sont décorés de mosaïques et l'arc est soutenu par des colonnes. Une volée d'escaliers permet de gagner les étages d'où l'on jouit d'une vue somptueuse. Sous les belles voûtes en pierre de la salle du Belvédère est exposée une collection de plats mamelouks en étain (XIV" siècle) et de moucharabiehs ottomans (XV siècle). En redescendant, visitez la salle dédiée à l'art musulman, qui contient entre autres, des pièces de poterie et de céramique, une stèle en pierre de 1140 incrustée de pierres précieuses et ornée d'une inscription en quatre langues (latin, grec, arabe, hébreux), ainsi que des amphores siciliennes du XII siècle ornées de calligraphie arabe. Piazza Guglielmo il Buono, entrée par via Zisa, 1 Té/. 091 7300480 Ouvert été lun.-sam. 9h-19h, hiver lun.-sam. 9h-18h30, dim. 9h-18h30, fétes 9h-13h (billetterie fermée 30min avant) Entrée 4,50€
Rendues célèbres par le film de Francesco Rosi Cadavres exquis (1975), les catacombes laissent un souvenir indélébile. Cette curieuse galerie de "mannequins" invite à des considérations sur la mode de l'époque ... ou à des réflexions philosophiques sur les rapports étranges qu'entretiennent les Siciliens avec la mort. Le plus étonnant est peut-être d'observer ces familles de Palermitains joyeux, accompagnées de leurs enfants dégustant une sucrerie en contemplant un cadavre décomposé. À partir du début du XVII siècle, elles furent le lieu de sépulture favori des Palermitains les plus en vue. Ils furent ensuite copiés par toutes les classes sociales jusqu'à la fermeture du lieu, en 1881. Près de 8 000 corps sont exposés le long des 500m d'allées, allongés ou plaqués contre les murs à l'aide de fil de fer. La plupart datent du XIX siècle et portent des vêtements d'époque (robes colorées, uniforme de carabiniers, costumes de velours) parfois plus abîmés que les dépouilles elles-mêmes. À l'origine, les religieux ne maîtrisaient pas la technique d'embaumement et se contentaient d'exposer les cadavres sur une grille en terre cuite, de les plonger dans un bain d'huile et d'aromates, de les sécher au soleil, puis de les momifier et les habiller. Par la suite, les moines utilisèrent l'arsenic, qui conserve le système pileux, et la chaux, qui freine la décomposition. Les résultats étaient très variables, à l'exception de la petite Rosalie Lombardo, morte et embaumée en 1920 et dont le visage est presque intact. L'écrivain Lampedusa, mort en 1957, repose dans le cimetière du couvent. Piazza Cappuccini, 1. Tél 091212117. Ouvert tlj 9h-12h, 15h-17h (été jusqu’à 17h30). Offrande suggérée 1,50 €.
Même si engageant et excitant, la visite de Palerme peut être très fatigante. Rien de mieux pour régénérer le corps et l'esprit que d'être loin du bruit et de l'agitation de la ville pour une journée.
Même les lieux qui gravitent autour de la capitale sicilienne ont des racines historiques très profondes, qui se trouvent dans les peintures rupestres de la grotte dell'Addaura ou le Sanctuaire de Santa Rosalia, à l'origine un lieu de culte païen.
Plus récemment, l'histoire de plusieurs villes, telles que celle de Corleone, a été caractérisée par le phénomène mafieux. Mais l'intérêt pour l'excellence demeure le Duomo di Monreale, le plus glorieux témoin de l'âge d'or de l'architecture de la Sicile médiévale.
Le bourg a perdu depuis longtemps son identité de village de pécheurs de thon pour devenir "la" station balnéaire de prédilection des Palermitains. L'endroit a tout pour plaire avec sa jolie grève de sable fin et propre, coincée entre deux éperons rocheux - au sud, le Monte Pellegrino et au nord, le Monte Gallo. Le Kursaal (1912), vaste pavillon qui se dresse au bout de la jetée, rappelle l'époque où le tourisme était avant tout un loisir aristocratique. La plupart des restaurants, spécialisés dans les produits de la mer, se serrent autour du port, au bout de la plage.
Mondello compte des dizaines de villas bâties à l'ombre des pins sur un ancien marécage, qui lui ont valu le surnom de "ville jardin". Plus incongrue, une nuée de résidences aux allures de ville fantôme ont poussé sur les pentes rocheuses du Monte Gallo, signe d'une voracité immobilière sans limites. À 13km au nord de Palerme par la cote; à l0km env. par les terres (bus 544, départ piazza John Lennon)
Joyau de l'art arabo-normand, la cathédrale opère la synthèse parfaite entre l'architecture et les arts décoratifs arabes, byzantins et normands. La façade principale s'orne d'un superbe porche du XVIII siècle, qui contraste avec le style arabo-normand du reste de la façade, en particulier les arcades supérieures. Les deux tours-clochers, dont l'une a été décapitée par la foudre en 1807, sont typiques de l'art normand. La porte en bronze du XII siècle est l'œuvre de Bonnano Pisano, à qui l'on doit la tour de Pise. D'un modernisme surprenant, ses bas-reliefs représentent 42 épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
À l'opposé, le chevet, avec son décor d'arcatures entrecroisées, est caractéristique de l'art musulman. Il est rehaussé de pierre de lave et de calcaire polychrome. On pénètre dans le sanctuaire par le coté nord (piazza Vittorio Emanuele), en franchissant la porte en bronze de Barisamo da Trani (XII siècle), qui représente le Sauveur entouré de saints. Elle est précédée d'un porche Renaissance (1547) qui constitue une rupture de style.
Long de 100m, l'édifice est de pian basilical. Deux rangées de colonnes romaines en granit égyptien, coiffées de chapiteaux à feuilles d'acanthe et de coussinets, séparent la nef centrale des nefs latérales. Le plafond en bois a été entièrement refait après l'incendie de 1811. Le pavement polychrome en marbre marqueté est un modèle du genre. La partie basse des murs est couverte de hautes plinthes en marbre, rehaussées de frises verticales à motifs géométriques en nacre et marbre polychrome. Le cycle de mosaïques sur fond doré (XII-XIII siècles) comprend 130 panneaux couvrant 6 340m2 et serait le plus grand du monde. Alors qu'il fallut 2 ans pour bâtir l'édifice, 15 années furent nécessaires pour réaliser cet ensemble. Sa composition est typique du style byzantin: dans l'abside, le Christ Pantocrator (13m de large), qui se dresse au-dessus de la Vierge immaculée, et dans les absidioles latérales, saint Pierre et saint Paul.
Dans la nef principale (partie la plus éloignée du chœur) sont représentés des épisodes de l'Ancien Testament. Le récit débute sur le coté droit par la création du monde, suivie d'Adam et Eve et de l'expulsion du paradis, de Noé, d'Abraham, de Loth, de la destruction de Sodome et enfin de la lutte de Jacob avec l'Ange. Guillaume Il s'est fait représenter deux fois : une fois au-dessus du trône royal (couronné par le Christ), et une seconde fois au-dessus du trône épiscopal (offrant la cathédrale à Marie). Le souverain et son prédécesseur Guillaume l'' reposent dans le coté droit du transept de la cathédrale.
Le trésor de la cathédrale, dans le transept gauche, comprend quatre tombeaux; l'un d'eux protégé par une grille contient le cœur et les viscères de saint Louis. Un étroit dédale de couloirs sombres, sur le coté droit de la nef, permet d'accéder aux terrasses d'où l'on jouit d'une vue splendide sur le cloître ainsi que sur la Conca d'Oro. Duomo Piazza Guglielmo I Tél. 091 64044 13 Ouvert lun.-sam. 8h-18h, dim. 8h-12h30 et 15h30-18h; Trésor Ouvert t/i. 8h12h30, 15h30-18h; terrasses ouvertes t/i. 8hOO-12h30 et 15h30-18h
Perchée sur un promontoire dominant la mer, Solunto jouit d'une situation vraiment superbe. Thucydide rapporte que la 1re cité, fondée au VI s. av. J.-C. par les Phéniciens, fut détruite en 396 av. J.-C. par Denys de Syracuse, avant d'être reconstruite sur le site actuel.
Les Carthaginois en firent l'une de leurs principales implantations en Sicile occidentale, mais furent chassés par les Romains en 254 av. J.-C. L'occupation des lieux semble avoir cessé au Il' S. de notre ère, pour une raison inconnue.
De la cité originelle ne subsistent que quelques murs en ruine qui dessinent un pian au cordeau parfaitement lisible. Près du carrefour principal se tient une demeure patricienne qui a conservé quelques mosaïques et fresques. La rue principale mène au bout du village, où l'on aperçoit les ruines de l'agora, du théâtre et d'une citerne. Le gymnasium conserve également une partie de sa colonnade. Un petit musée expose les différentes trouvailles effectuées sur place. En contrebas, on aperçoit le ravissant port de pèche de Porticello. Santa Flavia (à env. 16km de Palerme) Tél. 091 904557 Ouvert tlj. hors saison 9h-16h, été 9h-18h.
Cet îlot de 8,6km2 n'est en fait que la partie émergée d'un volcan sous-marin auquel il doit son nom, dérivé du latin "ustum" (brûlé). Ile prison jusque dans les années 1950, Ustica est classée réserve marine depuis 1987.
Surnommée la "perle de la Méditerranée", elle recèle certains des plus beaux fonds marins de Sicile. Avis aux plongeurs! À 60km au large de Palerme Tél. Info. AAPIT 091 6058 111 www.aapit.pa.it voir aussi www.parks.it (en français).
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